
Cher tout le monde,
Voilà un petit article pour partager quelques photos de mes aventures au Brésil et vous raconter un peu ma vie.
Le trajet
La première chose qui me vient à l’esprit pour décrire un peu l’atmosphère de ce voyage, c’est la difficulté pour atteindre ma destination. Non pas que je me sois perdu ou que ma maitrise très limitée du Portugais m’ait joué des tours, mais simplement que le point de rendez-vous se trouvait dans une région assez reculée.
Depuis Paris: avion jusqu’à São Paulo, escale, puis avion jusqu’à Salvador de Bahia. Ensuite pause à Salvador pour passer la nuit puisque il était trop tard pour continuer le périple: il faut commencer la deuxième partie le matin pour ne pas se retrouver bloqué à mi-chemin. J’ai pu en profiter pour visiter (un peu) Salvador.

Le lendemain je repars, assez tôt le matin: bateau, puis 4h de bus, puis re-bateau (plus petit cette fois, le premier était un assez gros ferry), et enfin moto-taxi pour terminer ! Je vous laisse imaginer le confort à l’arrière de la moto, avec mon gros sac de voyage sur le dos et mon petit sac sur le ventre, sur des routes de sable !
Taipu
Après toutes ces étapes, me voilà enfin arrivé à Taipu de Fora, un petit bled perdu au bout d’une péninsule. Bella et ses amis y ont loué une maison pour passer le nouvel an, et quelques jours avant/après. Nous y sommes restés une petite dizaine de jours ; un peu moins longtemps pour les amis de Bella.

C’est un endroit magnifique ; je vous laisse découvrir par vous-mêmes avec les photos. Taipu est un tout petit village, avec ses quelques rues de sable, 2/3 petits supermarchés, et quelques restaurants à peine plus nombreux. Ce qui en fait le principal intérêt c’est l’immense plage de sable fin, presque déserte, et bordée de cocotiers à perte de vue. Mais aussi beau que ce soit (honnêtement j’étais choqué les premiers jours) je ne m’attarde pas plus longtemps sur Taipu, pour pouvoir vous parler un peu de Boipeba, notre « vraie » destination.
Boipeba
Boipeba est une ile assez proche de Taipu, que l’on rejoint de la même manière qu’on se rend à Taipu, et il y a des navettes (entendre par là des traversées en bateau) pour aller de l’un à l’autre. Bella m’en avait beaucoup parlé, ses amis aussi, tous avec un tel engouement que ça me paraissait un peu mystérieux cette petite ile dont tout le monde tombe amoureux et a du mal à repartir, et où le seul moyen de transport est le tracteur.
Le plan était donc d’y séjourner quelques semaines après Taipu, pour que je puisse enfin découvrir cet endroit magnifique, avant de descendre à Belo Horizonte où Bella devait se rendre pour le boulot fin janvier, puis de remonter ensuite beaucoup plus au nord à Olinda, pour le Carnaval. Finalement pas besoin d’aller à Belo Horizonte, donc nous restons sur Boipeba jusqu’à mi-février et irons directement à Olinda depuis ici. Et ce changement de programme n’est pas pour nous déplaire: je pense que comme tout le monde j’ai vite choppé le virus, et quitter Boipeba n’est pas facile.
Je vais donc vous décrire un peu le mood ici en montrant quelques photos, puis je vous enverrai ensuite un lien vers un album un peu plus garni pour ceux qui veulent.

Donc, Boipeba est une ile, vous l’aurez compris. On y trouve deux villages: le premier, très originalement nommé Boipeba (Velha Boipeba pour être exact), et l’autre Moreré. En fait il y en a même quelques autres, Monte Alegre, Cova da Onça, …, mais beaucoup moins accessibles et je n’y suis pas allé.
Boipeba est le village principal. C’est un lieu extrêmement charmant, situé au nord de l’ile, et c’est là que nous séjournons. On y arrive par le petit port adjacent à la première plage, nommée Boca da Barra. Après avoir accosté on s’enfonce dans la ville, dont les mignonnes petites rues pavées contrastent avec les chemin ensablés de Taipu. Plein de petites boutiques, restaurants, maisons donnant directement dans la rue… Les gens tranquillement posés devant chez eux, regardant les enfants jouer dans la rue. L’atmosphère est vraiment joviale.
C’est un village de quelques milliers d’habitants tout au plus mais bouillonnant d’activité et qui, en arrivant de Taipu, donne vraiment l’impression de revenir à la civilisation. Notre maisonnette était située de l’autre côté, un peu plus dans les terres, à 10/15 minutes à pied du port, 5 minutes du « centre-ville », et une quinzaine de minutes de la seconde plage, Cueira (celle que j’appelle le paradis…).
Je précise à pied, mais en fait il y a quelque chose dont on se rend assez vite compte en arrivant à Boipeba: il n’y a pas de voiture ! Pas de moto non plus, rien ! En fait les véhicules motorisés sont interdits sur l’ile, à quelques rares exceptions près. En revanche on croise beaucoup de petites carrioles, dont les gens qui travaillent sur l’ile et qui en ont besoin se servent pour transporter un peu tout: nourriture, matériaux de construction, gens, … C’est amusant on a un peu l’impression d’avoir été transporté dans une autre époque !

On traverse donc le village pour se rendre jusqu’à chez nous, en s’arrêtant tout d’abord dans le centre pour manger dans un petit resto. L’occasion pour moi de découvrir la place principale: bordée de restaurants, d’un petit marché où les artistes locaux exposent leurs créations (des bijoux pour la plupart), et une longue rangée de barracas de l’autre côté (des petits stands qui s’animent le soir et proposent chacun leur spécialité en termes de nourriture et boisson). Avec au milieu une grande pelouse où courent et jouent des enfants (inutile de préciser qu’on est jamais très loin d’un ballon de foot ici), et cet impressionnant « Flamboyant »; un arbre assez imposant avec des fleurs rouge vif, d’où le nom j’imagine.
Très vite je ressent ce qu’on m’avait dit de Boipeba: l’ambiance est très familiale. Les touristes et les locaux sont vraiment bien intégrés, on voit qu’ils fréquentent les mêmes endroits, échangent énormément, et sont tous aussi amoureux de cette ile magnifique. On ressent une sorte d’harmonie, de sérénité collective. Il n’aura pas fallu longtemps avant de croiser plusieurs connaissances de Bella qui vivent sur l’ile d’ailleurs; pas surprenant me direz vous après avoir vécu plusieurs mois dans un village de quelques milliers d’habitants.
Voilà un peu pour le mood global à Boipeba. Une fois installés dans notre maisonette-chateau de 20m2 avec terrasse et hamac de luxe, et après avoir découvert un peu plus le village et les plages les jours suivants, nous choppons notre petite routine: travail la semaine, pause déj soit dans l’un des petits restos du centre (je ne m’attarde pas sur la nourriture, mais on mange vraiment bien !), soit avec un plat cuisiné par nos soins à la maison. Le soir si on a le temps, ce qui n’est pas trop le cas ces jours-ci, on va voir le coucher du soleil depuis Boca da Barra et prendre un verre quelque part, écouter de la musique. Beaucoup de musique même, c’est omniprésent ici, et on croise des gens en train de jouer de manière informelle très régulièrement un peu partout !
Parfois le matin avant le boulot, ou le weekend si je n’ai pas eu le courage la semaine, je vais courir. Et où est-ce que je vais courir ? Sur la plage de Cueira ! Ce qui me permets de parler un peu de cette dernière.
Cueira, c’est la plage que j’appelle le paradis. C’est là où l’on passe une bonne partie de notre temps le weekend (là ou sur la plage de Moreré). Il s’agit d’une grande plage de sable fin bordée de cocotiers; vous commencez à connaitre, mais je trouve celle-là vraiment exceptionnelle. Déjà, pour s’y rendre, on traverse une espèce d’immense prairie où les cocotiers se mêlent aux hautes herbes et où vivent en liberté des ânes, des chevaux et des vaches. C’est tout bonnement improbable, complètement inattendu, et ça me fait bizarrement penser à la grande vallée dans Petit Pied…
Ensuite, une fois passée cette prairie (je sais jamais trop comment l’appeler, pas sûr que prairie soit le plus adapté en fait), on atteint une petite barraca, ou restaurant de plage, qui marque un peu la limite entre la plage de Tassimirim sur la gauche (autre très belle plage mais où l’on a passé peu de temps sauf pour un bain de nuit…), et celle de Cueira sur la droite. On tourne donc à droite, on passe la barraca, puis les quelques rochers, et on arrive sur la plage de Cueira. On s’émerveille, même si on connait déjà, puis on marche encore pour aller jusqu’au bout de la plage parce que c’est là que c’est le plus stylé ! En chemin on répète une énième fois que cet endroit est complètement hors du temps…
Au bout de la plage, la mer s’engouffre dans les terres en zigzagant, formant une rivière dont le courant assez fort change de sens au gré la marée. Si l’envie vous prend, laissez vous porter: si l’eau monte, il est facile de rejoindre la berge après le premier virage (pour éviter de se faire emmener trop loin dans les terres), si la marée descend, aucun risque de vous faire emporter trop loin au large car malgré le courant l’eau est peu profonde à cet endroit donc il suffit de se redresser et de marcher un peu vers la plage. Lorsque la marée est vraiment basse on peut voir comme la rivière se déversant dans la mer creuse le sable même en s’éloignant de la plage.
C’est un endroit magique où les heures passent sans qu’on s’en rende compte. Mais lorsque l’envie nous prend de changer de spot, notamment si l’on a envie d’une eau encore plus chaude, alors on traverse la rivière pour de bon et on marche en direction de la plage de Moreré. Pour traverser, plusieurs options: si la marée est vraiment haute, des petites barques vous proposent la traversée pour quelques Reais (la monnaie brésilienne), sinon la rivière peut se traverser à pied, ou, ce qui est encore plus cool, c’est de traverser à pied en passant par la mer puisque c’est peu profond à cet endroit, pour rejoindre une toute petite plage cachée entre Cueira et Moreré.
Une fois de l’autre côté on arrive dans un autre petit paradis sauvage avec des chevaux en liberté, puis après 5 minutes de marche on aperçoit la plage de Moreré. C’est ici que l’eau est la plus chaude, je dirais qu’on est souvent au dessus des 35 degrés… Cette plage aussi est magnifique: immense à marée basse, on peut marcher au large sur des centaines de mètres pour rejoindre des piscines naturelles formées par le corail. Très étroite à marée haute, où l’on se retrouve alors à marcher sous les arbres qui bordent la plage, notamment ces fameuses « castanheiras » qui sont si pratiques pour accrocher le hamac.
Lorsque la fin de la journée approche, on peut alors suivre le sentier qui longe la plage jusqu’au village de Moreré. Le chemin est parsemé de petits trous dans le sol creusés par des crabes, qui courent se réfugier dès qu’ils vous aperçoivent; on en croise vraiment plein c’est fascinant. Je me répète, mais ici encore c’est un endroit magique dont je n’arriverai pas à rendre justice par écrit ni même avec des photos; je m’émerveille à chaque fois qu’on emprunte ce « simple » chemin pour atteindre Moreré ! Une fois au village, en général, on mange dans l’un de nos deux restos favoris: le Padamor avec ses délicieux plats et casse-croûtes végés, ou l’Amendoeiras avec son homard grillé au beurre à l’ail.
Enfin, lorsqu’il est temps de rentrer (potentiellement après avoir assisté à la Samba sur la petite plage centrale de Moreré), trois choix s’offrent à nous: marcher, mais en bons flemmards c’est rarement l’option que nous choisissons, surtout après avoir déjà pas mal marché la journée. Sinon le tracteur, qui est le moyen de transport en commun officiel sur l’ile et remplace complètement le bus (les passagers sont dans une remorque attachée à l’arrière d’un gros tracteur, et il faut bien ça pour parcourir la route très escarpée qui relie Boipeba à Moreré), ou alors les quads, qui font ici office de taxi ! Eh oui, pas de voiture sur l’ile, et ces quelques véhicules sont les seuls autorisés, sont en nombre limité, et n’ont pas le droit de rentrer dans le coeur des villages (et vous déposent donc juste à l’extérieur).

Voilà un peu notre mode vie depuis quelques semaines ! J’espère que ces quelques lignes vous permettent un peu de vous représenter l’atmosphère de cet endroit… Deux petites anecdotes supplémentaires avant de vous laisser:
- O dia de Iemanjá, ou le jour de Iémanjá; c’est un fête en l’honneur de Iémanjá, la déesse de la mer dans les religions animistes locales (grosses grosses approximations ici mais vous ne m’en voudrez pas hein ?). Inutile de vous dire qu’ici c’est une fête très importante ! Ça a lieu chaque année dans cette région, début février, et nous avons pu participer ! C’était une très belle cérémonie, avec notamment une procession depuis le centre du village jusqu’au port (en marchant derrière un groupe de musicien, petit air de carnaval…), où nous avons embarqué sur l’un des bateaux traditionnels que les matelots du village mettent à disposition pour la cérémonie, puis navigué jusqu’à assez loin au large, où les gens déposent des fleurs dans la mer en offrande à Iemanjá puis se baignent. C’était magnifique, c’était la première fois que je me baignais aussi loin au large, et la mer était d’un bleu somptueux, presque fluorescent ! La petite soeur de Bella nous avait aussi rejoint pour l’occasion.
- Castelhanos. C’est encore une autre plage, mais plus difficile d’accès cette fois. Elle est située tout au sud de l’ile et vaut vraiment le détour, tant par sa beauté et le calme qui y règne (rien que du sable doré, l’eau bleu clair et les cocotiers à perte de vue, une très légère brise…on a l’impression que le temps s’arrête !), que par le périple nécessaire pour s’y rendre: traverser Cueira, puis Moreré, puis Bainema (la plage qui fait suite à Moreré), puis s’enfoncer un peu dans les terres…enfin dans la mangrove pour être exacte ! Un univers mystérieux et très intrigant où règnent en maitre des milliers de crabes qui ici aussi creusent leurs petit trous (enfin, pas si petits pour certains d’ailleurs !) au milieu des méandres de cette étrange plante que je vous laisse découvrir en photo. Enfin, lorsque l’eau boueuse dans laquelle vous marchez devient suffisamment profonde pour vous faire vous demander s’il est bien sage de continuer, vous apercevez le taxi-barque qui vous permet de parcourir les quelques centaines de mètres restantes pour atteindre la plage de Castelhanos. C’était une journée d’aventure génialissime, avec en prime un retour à Boipeba en bateau totalement improvisé !
Dernières petites informations: après quelques semaines dans notre maisonnette située à 5 minutes de la place centrale, nous avons dû déménager car nous n’avions pas prévu de rester aussi longtemps. Nous avons donc passé 2 semaines supplémentaires dans un autre logement, où Bella avait déjà séjourné lors de ses précédentes visites. Il s’agissait de l’étage supérieur d’une grande maison située un peu plus en retrait, presque dans la forêt, qui surplombe le village, et offre une vue magnifique montrant à quel point, de loin, ce dernier semble se cacher sous dans végétation !
Enfin, nous quittons Boipeba aujourd’hui pour nous rendre plus au nord, pour fêter le carnaval à Olinda ! Voilà voilà, des bisous à tout le monde !




































































